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28.04.2020

Les opérations de maintien de la paix des Nations unies: STOP ou GO ?

Jean-Jacques Konadje de la Côte d'Ivoire plaide pour une adaptation des missions des casques bleus des nations unies.

Image: of MINUSMA/Blagoje Grujic Les casques bleus en mission au Mali s'inquiètent de la crise sanitaire.

La lutte contre la pandémie COVID-19 va bouleverser l’ordre géopolitique mondial et imposer un nouveau mode de vie à l’humanité. Pendant que cette crise sanitaire bat son plein, treize opérations de maintien de la paix, placées sous l’égide des Nations Unies (ONU) et impliquant 95 423 personnels originaires de 121 pays continuent de se dérouler dans le monde.

La Chine, la France, les Etats-Unis et la Grande Bretagne qui représentent les quatre pays des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU et par ailleurs, considérés comme les plus grands contributeurs financiers des opérations de maintien de la paix (OMP), font partie des pays les plus infectés par la maladie à coronavirus. Pis, la quasi-totalité des Etats pourvoyeurs de troupes aux OMP subissent les conséquences relatives à la lutte contre cette pandémie. Le contexte géopolitique mondial est tel que désormais, chaque pays réoriente ses priorités sur ses populations en développant des stratégies nationales propres à ses réalités en vue de lutter efficacement contre la COVID-19. Ainsi, certains pays ont retiré leurs soldats de certaines OMP, comme par exemple le Royaume-Uni en Irak. Cette crise ne ramène-t-elle pas au nationalisme avec le « chacun pour soi » ? L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ne paie-t-elle pas le prix du conflit d’intérêts sino-américains ? Dans un tel contexte, quel est l’avenir des OMP : les poursuivre ou les suspendre ?

Si la Covid-19 a chamboulé toutes les priorités et politiques dans le monde, elle n’a pas réussi à mettre fin aux conflits et attentats meurtriers. Dans une telle configuration, les OMP onusiennes apparaissent comme des réponses à ces situations sécuritaires délétères. En cette période de crise sanitaire sans précédent, suspendre les OMP reviendrait à créer un vide sécuritaire dans certaines zones. Une telle situation pourrait avoir de lourdes conséquences sur la paix et la sécurité internationales. N’oublions pas que la sécurité doit s’analyser sous la notion de sécurité humaine.

La suspension des OMP en cette période de crise sanitaire pourrait par exemple être une aubaine pour la montée en puissance de certains groupes terroristes dans la zone du Sahel, plus particulièrement, dans des pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Sans la présence des forces armées de la MINUSMA, de l’Opération Barkhane et du G5 Sahel, cette région pourrait en quelques mois être sous le contrôle des groupes terroristes installés dans la région. Le retrait des OMP en cette période pourrait aussi être à l’origine de l’escalade de la violence dans certaines zones et même accélérer la contamination à la COVID-19 des personnes qui y vivent. Nous pensons que malgré la situation sanitaire mondiale, il y a un réel besoin de poursuivre les OMP onusiennes.

En cette période marquée par la crise sanitaire, il est important que les OMP se poursuivent sur tous les théâtres où elles se déroulent en ce moment. Mieux, elles apparaissent comme une opportunité pour certains pays en crise ou en situation de post-conflit. Bien souvent, ces pays ne disposent d’aucune infrastructure encore moins, d’aucun dispositif technique et sanitaire pouvant contribuer à la lutte contre la propagation de la maladie.

De par leurs mandats élargis, les OMP devraient pouvoir soutenir ces pays à différents niveaux. C’est en agissant de la sorte que la communauté internationale pourra contribuer efficacement au maintien, à la restauration ou au rétablissement de la paix et de la sécurité durables dans ces régions concernées. Cependant, ces missions ne peuvent avoir de sens que dans le strict respect des normes sanitaires imposées par l’OMS pour contrer la maladie. Cela suppose une adaptation de chaque mission au contexte politique qui prévaut sur les différents théâtres d’opération eu égard à l’ampleur de la maladie dans chaque zone.


Jean-Jacques KONADJE, Ivoirien, est expert consultant international en sécurité, défense et stratégie. Il est enseignant-chercheur en communication, géopolitique et relations internationales.


Section Afrique

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