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21.04.2020

Les arguments en faveur d'un revenu de base universel mondial

Ruth Castel-Branco de l'Université du Witwatersrand sur l'économie informelle, le manque de protection sociale et une solution possible par une stratégie globale de redistribution.

Image: of Hamdia Traoré Vendeur ambulant à Bamako, Mali, se rotégeant contre COVID-19.

Comme une loupe, la pandémie de COVID a révélé la fragilité du capitalisme mondial et la violence systémique qu'il produit. La vitesse à laquelle le virus s'est propagé est vertigineuse, son impact sur la vie humaine est écrasant, et même les systèmes de santé les plus robustes se sont effondrés sous la pression de ce tueur en forme de couronne. Avec des systèmes de santé affaiblis par des décennies d'ajustement structurel, des gouvernements africains ont rapidement déclaré un confinement national. Bien que cette stratégie se soit avérée efficace pour ralentir la propagation du virus et gagner du temps, elle a eu un coût inimaginable.

L’OIT estime que plus de 80% des travailleurs dans le monde sont soumis à un confinement total ou partiel. Le chômage augmente rapidement, les travailleurs travaillent dans des conditions de plus en plus précaires, et la majorité des travailleurs de l’économie informelle dans le monde se retrouveront le bec dans l’eau. En Afrique, moins d'un cinquième de la population ont accès à la protection sociale - dans certains pays, c’est beaucoup moins. Alors que les dirigeants luttent pour répondre aux contradictions soulevées par le confinement, le revenu universel de base a retenu une attention de plus en plus grande. En effet, même le Pape François - chef d'une Église dont les enseignements sur la dignité du travail et la perversité de la paresse ont été manipulés par les élites afin de s’épargner les demandes de redistribution depuis des temps immémoriaux - le soutient.

Le revenu universel de base est un paiement en espèces inconditionnel et régulièrement payé à tous par le secteur public, indépendamment du revenu ou de l'emploi. Des propositions progressistes fixent la valeur du transfert à 125% du seuil de pauvreté individuel. Ils la conçoivent comme un complément, et non comme un substitut, aux formes existantes d’aide publique ; et reconnaissent que cette aide publique fait partie d'un ensemble plus grand de politiques visant à augmenter le salaire social et à améliorer les conditions de travail. Les partisans conservateurs, d'autre part, se sont accrochés au revenu universel de base pour conduire une politique d'austérité. La valeur du paiement est généralement insuffisante pour répondre aux besoins de reproduction, et souvent associée à des propositions de marchandisation des services publics et de flexibilisation du marché du travail. Comme en toute politique, le diable est dans les détails.

Sur tout le continent africain, il y a eu une  expansion progressive de la couverture sociale. Cependant, les systèmes de protection sociale restent fortement fragmentés, les transferts en espèces étant généralement destinés aux plus pauvres des pauvres méritants, conditionnés à une certaine forme de modification du comportement coercitif et d'une valeur insignifiante. Un revenu universel de base progressif pourrait inverser cette tendance et renforcer les aides publiques. Cependant, pour les observateurs à travers l'Afrique, une telle proposition équivaut à un peu plus qu'une berceuse pour endormir les esprits. À la suite du lancement du  document de position de la société civile mozambicaine sur l'état d'urgence, qui proposait l'expansion du bien-être, bien qu'il ne s'agisse pas du revenu universel de base, beaucoup étaient sceptiques: comment l'Etat le paiera-t-il ? Est-ce réaliste, étant donné la corruption généralisée ? Est-il réalisable ? Est-ce souhaitable ? Ce sont là des questions légitimes.

En fin de compte, pour les pays à faible revenu comme le Mozambique, l'introduction du revenu universel de base devrait faire partie d'une stratégie mondiale de redistribution. En effet, certains défenseurs soutiennent que face à l'automatisation, à la surproduction massive et à la crise écologique  le revenu universel de base mondial garantit que chacun obtienne sa juste part. Une telle proposition pourrait être financée en socialisant les rendements des capitaux mondiaux et en versant à la population mondiale un dividende administré par une fiducie publique mondiale. Comme le souligne Varoufakis, la socialisation des rendements des capitaux est différente de la fiscalité, qui pèse de manière disproportionnée sur les travailleurs du monde. Bien sûr, pour qu'une telle proposition se concrétise, les forces progressistes doivent récupérer le revenu universel de base des conservateurs et faire avancer une politique mondiale de redistribution qui va à l’encontre de la montée du nationalisme autoritaire.

Surtout, un dividende de base universel mondial n'est pas une réponse miracle à la violence des inégalités mise à nu par la pandémie de COVID. Bien qu'un tel dividende puisse transformer la population mondiale en actionnaires de l'accumulation capitaliste, les questions classiques de l'économie politique restent d'actualité. Que faut-il produire ? Comment devrait-il être produit ? Et pour qui ? Après tout, sans nourriture et autres biens matériels, les bénéficiaires de dividendes n'auront rien d'autre à acheter que l'inflation. Repenser la redistribution nécessite donc une récupération de la production. Et l'histoire a montré que c'est précisément lorsque les travailleurs, dans la conception la plus large du terme, sont les plus puissants, qu'un tel changement est possible.

Ruth Castel-Branco, Directrice de Recherches, Future of Work, Southern Centre for Inequality Studies, Université de Witwatersrand, Afrique du Sud


Section Afrique

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